Dans ma Xbox 360 : Bioshock

Publié le par Onigiri

Bioshock-jaquette.jpgVoilà un bon mois que le jeu sombre et gore de 2K games est sorti dans toutes les bonnes crémeries (et même les mauvaises). Je me rappelle de ma découverte de ce jeu, il y a quelques mois. À l'époque, le jeu ne me fascinait pas plus que ça, et la vidéo de gameplay que j'avais téléchargé sur le Xbox Live, qui ne contenait presque aucune explication, ne m'avait pas vraiment convaincu. J'avais donc classé le jeu dans la catégorie "un FPS de plus" et ne m'en était plus préoccupé, jusqu'à ce qu'une démo jouable sorte sur le Xbox Live. C'est dans ces moments de solitude, un dimanche soir, qu'on décide qu'on va quand même la télécharger pour l'essayer, sait-on jamais. Et finalement, j'ai découvert un jeu assez sympa à explorer...

Bienvenue à Rapture

On commence avec un scénario bien torturé, et qui pose immédiatement une intrigue épaisse que l'on va devoir élucider au fur et à mesure de sa progression. 1945, la seconde guerre mondiale vient de s'achever, et une partie de la planète est en ruine. Andrew Ryan, un nostalgique de l'eugénisme et des diverses et sombres expériences pratiquées par les nazis, décide de construire une nouvelle cité, à l'abri des regards indiscrets, dans laquelle il pourrait mener à bien les expériences dont il a toujours rêvé et créer une société de scientifiques, d'esclaves et de cobayes dans laquelle il serait le roi. Poussé par un désir de création exacerbé, il crée Rapture, une cité sous-marine perdue au beau milieu de l'océan, et y engage toutes sortes de physiciens, scientifiques et autres spécialistes en manipulation génétique, à qui il fournira tous les outils nécessaires pour que ceux-ci puissent laisser libre-cours à leur créativité, sans tabou ni limite d'aucune sorte.

Bioshock-screen-1.jpgDans les années 60, un avion censé traverser l'océan pour rejoindre deux continents, le traversera pour en rejoindre le fond. Un homme, seul rescapé du drame, nage entre les flammes jusqu'au phare le plus proche, à quelques mètres de là, dans une eau glaciale. Arrivé à quai, il prend le temps de se sécher et s'aventure à l'intérieur du phare, espérant pouvoir y appeler au secours. Il n'y trouvera ni présence humaine, ni téléphone ni même de fusée de détresse, simplement un énorme buste de bronze le fixant d'un regard sévère, au dessus de la mention "Ni Dieu, ni maître, seulement l'homme". Sans plus chercher à comprendre ce message, il s'enfonce dans le phare et se retrouve face à une bathysphère. Sans aucun autre espoir de trouver une présence vivante, il décide d'emprunter cette bathysphère, qui le conduira directement dans une Rapture délabrée, livrée à elle même et abandonnée au triste sort que l'on va lui découvrir.

C'est dans cette atmosphère lugubre, et après avoir assisté à l'eviscération d'un figurant, que l'on commence le jeu. Le joueur est guidé en permanence par radio, par d'autres personnages situés à divers endroits de la cité maudite : Atlas, un révolutionnaire outré par les méthodes de Ryan, et qu'il a juré de tuer ou encore Tenenbaum, une ancienne nazie chargée, une fois à Rapture, de mener des expériences sur des enfants, avant de réaliser la cruauté de ses actes. Ils l'aideront notamment à se débrouiller au milieu de la faune peu accueillante de la ville par des conseils bien sentis et des ordres parfois étranges. Malheureusement, les différentes rencontres que l'on fera dans Rapture n'auront rien d'amical. Durant toutes ces années, deux drogues capables de modifier le comportement génétique de l'être humain ont été mises au point à Rapture, deux drogues complémentaires : l'Eve et l'Adam. L'Adam est la substance la plus rare, et donc la plus convoitée de Rapture. Elle permet à celui qui l'utilise de modifier ses gênes, et donc son corps. Il se trouvera alors capable d'envoyer un arc électrique ou une gerbe de flammes, de déplacer des objets à distance ou encore de manipuler les esprits. Des plasmides, comme on les appelle. Mais ces pouvoirs réclament une autre drogue, et c'est là qu'intervient l'Eve.

Visual Shock, Sound Shock, Bioshock


Le jeu nous promène donc, durant toute l'aventure, dans des décors magnifiques bercés d'effets visuels des plus réussis. Il s'agit certainement d'un des plus beaux jeux sur la console depuis Gears of War. Les murs sales et les décorations en ruine de Rapture délivrent une atmosphère oppressante qui colle bien au jeu, et le tout est accompagné par une ambiance sonore du même acabit, conduisant rapidement le joueur à une certaine paranoïa. On se méfie de tout, chaque bruit est suspect, le moindre râle est interprété comme une agression, et l'apparition de fantômes à divers endroits du jeu ne rassureront en rien. Un jeu à ne pas mettre en toutes les mains, et qui porte fièrement son sigle 18+ sur la boîte.

Bioshock-screen-2.jpgMême s'il sera impossible de les modifier durant la partie, les contrôles s'apprennent assez facilement, et ce malgré leur apparente complexité. Le fait que certaines touches puissent servir à plusieurs actions différentes conduira à quelques erreurs assez énervantes, mais rien dans l'ensemble qui vienne complètement gâcher l'expérience. Les combats sont dynamiques et en bon nombre, juste assez pour ne pas s'ennuyer. Je mettrais pour ma part une mention spéciale aux protecteurs, des sortes de scaphandriers blindés et charger de veiller sur les "petites soeurs", des jeunes filles manipulées génétiquement et qui erreront dans le but de récolter de l'Adam sur le corps des victimes rencontrées. Il faudra atteindre ces petites soeurs pour voler leur Adam, votre seule source dans le jeu. Et pour cela, il faudra d'abord passer par leur protecteur, qui n'est jamais loin, et qui fait toujours très mal au combat. Ces espèces de monstres, qui ne s'expriment que par un râle rauque, ne sont jamais agressif sans raison. Ce sont, en outre, les seules créatures que l'on pourra rencontrer dans Rapture et qui n'attaqueront pas si elles ne se sentent pas agressées ou si elles ne sont pas accompagnées de petites soeurs. Elles effraient, pourtant. Par leur stature imposante, par leur râle angoissant, par leurs lourds pas qui font trembler le sol, par la peur de les voir attaquer sans raison apparente.

bioshock-screen-3.jpg Je regrette par contre un point qui me semble important dans un jeu vidéo, et qui n'est absolument pas développé ici. Après une introduction magnifique, après un scénario bien ficelé et porté par les divers enregistrements audio que l'on trouve dans le jeu, j'attendais une fin bien plus intéressante que celle qui m'a été servie. J'attendais tout un tas de révélations, sur les protecteurs et les petites soeurs, sur les drogués de Rapture, sur la chute de la ville, sur Andrew Ryan, sur Atlas et Tenenbaum, sur les scientifiques et les habitants de la ville, sur l'histoire du héros. Au lieu de ça, j'ai dû me contenter d'une vidéo de quelques secondes, laissant un amer goût d'inachevé. Aucune révélation n'est faite sur Rapture et le mystère qui l'entoure, aucune question ne trouve réponse. Il faudra pour cela trouver tous les magnétophones dans le jeu, et recoller soi-même les morceaux pour décoder l'intrigue complexe. Et c'est bien dommage, si on a raté certaines bandes importante, de manquer un bout de l'histoire qui ne sera finalement détaillé nulle part, malgré son importance à la compréhension de certains points. Dernier bémol à apporter au jeu, ou alors c'est que je suis trop con, mais le notice comme la boîte mentionnent tous deux la possibilité de jouer en ligne, sur le Xbox Live. L'option est introuvable dans le jeu et j'ai eu confirmation, après recherches sur le Net, qu'aucun mode multijoueur n'est présent.

En définitive, Bioshock reste une histoire captivante, un bijou scénaristique enfermé dans un écrin graphique exceptionnel. Il est dommage qu'une fois fini, le jeu ne présente que peu d'intérêt à être rejoué, car on savoure chaque instant de sa découverte de Rapture, chaque révélation arrive comme un coup de fouet au visage, et les transitions sont aussi bien amenées que les ficelles qui serviront à maintenir le joueur en haleine, sous un certain état de stress permanent. S'il fallait acheter un bon jeu d'action, tout de suite, je recommanderais chaudement celui-ci, qui amusera n'importe quel joueur que la vue du sang ne rebute pas.Bioshock-protector.jpg

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